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Un usage très intensif de ChatGPT Pro (200 €/mois) peut représenter plusieurs milliers, voire exceptionnellement plusieurs dizaines de milliers de dollars d’API par mois.
Ce n’est pas un tarif. C’est une dose d’essai.
Une fois le goût pris, les outils, les habitudes et les processus d’une entreprise s’accrochent à un modèle. Changer devient coûteux. C’est à ce moment-là que rien n’empêche plus OpenAI ou Anthropic de faire grimper le prix du token. Le vrai produit, ce n’est pas l’abonnement d’aujourd’hui : c’est cette dépendance.
Les acteurs américains en modèle fermé préparent leur introduction en Bourse. La pause soudaine et les appels à « coordonner » le rythme de l’innovation tombent d’ailleurs à un moment commode : celui où il faudra justifier des milliards déjà dépensés.
S’ils croient vraiment leurs modèles trop dangereux, ils peuvent déjà ralentir les leurs. Demander en plus un droit de regard sur les autres, ce n’est plus de la prudence. C’est protéger une rente.

La Chine joue la stratégie inverse. Pendant que la Silicon Valley verrouille, DeepSeek, Qwen et les autres publient, distillent, et divisent les prix par cinquante.
Quoi que l’on pense de ces distillations, ces modèles ouverts qui, pour faire court, copient souvent les modèles fermés américains, faire de l’IA un commun me paraît autrement plus raisonnable que d’en faire le privilège de deux API. Perdre un monopole n’est pas perdre une civilisation.
Mustafa Suleyman l’écrit dans La Déferlante : la vague est inévitable. États et groupes terroristes auront l’IA de toute façon. On n’endiguera pas cette technologie.

L’IA risque d’être à la pensée ce que la kalachnikov a été à la guerre : un outil puissant et dangereux, mis à la portée de tous. Pour autant le pacifisme n’est pas la politique la plus courante.

Dès lors, l’open source n’est pas l’idéal. C’est la moins pire des solutions. Mieux vaut du calcul souverain et de l’inférence locale, c’est-à-dire faire tourner le modèle chez soi, sur ses machines, sans passer par l’API d’un tiers, qu’un compteur de jetons dont le prix, demain, ne nous appartiendra plus.